﻿{"id":1738,"date":"2016-01-14T14:21:22","date_gmt":"2016-01-14T13:21:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/?p=1738"},"modified":"2017-06-28T14:21:48","modified_gmt":"2017-06-28T13:21:48","slug":"entre-le-deuil-du-monde-et-la-joie-de-vivre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/entre-le-deuil-du-monde-et-la-joie-de-vivre\/","title":{"rendered":"ENTRE LE DEUIL DU MONDE ET LA JOIE DE VIVRE"},"content":{"rendered":"<p>[Critique Sociale] extraits du Livre de Raoul Vaneigem (Verticales 2008)<\/p>\n<p><strong>ENTRE LE DEUIL DU MONDE ET LA JOIE DE VIVRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/situationnisme\/4065-entre-le-deuil-du-monde-et-la-joie-de-vivre.html\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-1739 size-medium\" title=\"Voir sur le site de La petroleuse\" src=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/\/entre_le_deuil_du_monde-203x300.jpg\" alt=\"entre_le_deuil_du_monde\" height=\"300\" width=\"203\" srcset=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/entre_le_deuil_du_monde-203x300.jpg 203w, http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/entre_le_deuil_du_monde.jpg 237w\" sizes=\"(max-width: 203px) 100vw, 203px\" \/><\/a>EXTRAIT:<\/strong> \u00ab\u00a0Il subsistait \u00e0 l\u2019\u00e9poque une mani\u00e8re de circonvenir la corv\u00e9e quotidienne qui vous arrachait d\u00e8s l\u2019aube \u00e0 la nonchalance des d\u00e9sirs pour vous envoyer valdinguer dans le d\u00e9cor classique des bureaux, des usines et de la n\u00e9cessit\u00e9 crapuleuse. L\u2019absent\u00e9\u00efsme et le sabotage relevaient spontan\u00e9ment d\u2019une r\u00e9action de d\u00e9fense contre la fatigue et l\u2019usure pr\u00e9matur\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>EXTRAIT:<\/strong> \u00ab\u00a0Comme ils sont p\u00e9nibles et tortueux les chemins de la conscience&nbsp;! Avec le recul du temps, je m\u2019\u00e9tonne d\u2019avoir investi tant de passion dans les inanit\u00e9s tonitruantes de notre absurde civilisation. Que de vaines querelles en ces vains \u00e9difices, r\u00e9put\u00e9s imp\u00e9rissables&nbsp;: \u00e9conomie, politique, id\u00e9ologie, religion, information, art, culture&nbsp;! Qu\u2019y a-t-il qui m\u2019ait aid\u00e9 \u00e0 mieux vivre dans ce fatras essentiellement con\u00e7u pour me perdre&nbsp;? Mon enfance et mon adolescence se sont \u00e9coul\u00e9es dans un combat douteux, pour et contre des id\u00e9es moulin\u00e9es par les d\u00e9su\u00e9tudes \u00e0 la mode. L\u2019\u00e2ge n\u2019a fait que souligner, \u00e0 chaque \u00e9chelon de la corde du temps, quels n\u0153uds inextricables il e\u00fbt mieux valu trancher au pr\u00e9alable pour tenter d\u2019\u00eatre heureux. Tant d\u2019escalades pour redescendre sur terre, tant de d\u00e9tours pour arriver \u00e0 une pens\u00e9e de base, \u00e0 une aspiration originelle&nbsp;: fond\u00e9e sa destin\u00e9e sur le d\u00e9sir et son affinement, fa\u00e7onner sa vie pour son bonheur et pour celui de tous.&nbsp; (&#8230;) Le r\u00eave de changer la vie en changeant le monde s\u2019est enseveli dans un cauchemar o\u00f9 r\u00e8gne l\u2019absurde certitude de n\u2019\u00eatre rien de ce que l\u2019on est, de se battre aux c\u00f4t\u00e9s de ceux qui nous combattent, d\u2019\u00eatre la proie des ombres dans une soci\u00e9t\u00e9 de pr\u00e9dateurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>EXTRAIT:<\/strong> \u00ab\u00a0Le XXe si\u00e8cle aura vu, parmi les tourbillons o\u00f9 se noyait la pens\u00e9e universelle, la conscience ouvri\u00e8re se diluer et dispara\u00eetre dans l\u2019abjection mercantile. Quand la grande campagne promotionnelle du consum\u00e9risme a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 la libert\u00e9 de consommer en pratiquant des prix apparemment accessibles \u00e0 tous, elle a instaur\u00e9 une d\u00e9mocratie de march\u00e9 o\u00f9 le produit conf\u00e8re au plus minable des salari\u00e9s une dignit\u00e9 d\u2019acheteur. (\u2026) Auparavant, les travailleurs, exaltant au fil de beuveries mornes ou joyeuses l\u2019encyclop\u00e9die rudimentaire de leur tr\u00e8s sommaire existence, ne sous-estimaient ni leur statut d\u2019esclave ni leur volont\u00e9 de se battre pour s\u2019en affranchir. On leur a jet\u00e9 comme \u00e0 des chiens un ersatz de libert\u00e9, d\u00e9calque exact des produits frelat\u00e9s dont l\u2019avoir leur tenait lieu d\u2019\u00eatre. Ils ont mordu \u00e0 l\u2019app\u00e2t et n\u2019en finissent pas de le recracher. De la conscience r\u00e9gurgit\u00e9e s\u2019exhale une mauvaise haleine, une odeur de ressentiment. La perspicacit\u00e9 s\u2019est faite amertume. (\u2026) M\u00eame si les saillies du plaisir procuraient jadis aux travailleurs une libert\u00e9 trop h\u00e2tivement \u00e9jacul\u00e9e, elles ne les emp\u00eachaient pas de parler haut et clair de prol\u00e9tariat, d\u2019exploiteurs, d\u2019exploit\u00e9s, de r\u00e9volution, de lutte des classes. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>EXTRAIT:<\/strong> \u00ab\u00a0Il y a peu, la menace des id\u00e9ologies collectivistes et nationalistes, o\u00f9 l\u2019organisation pyramidale \u00e9tait tout et l\u2019individu rien, alimentait la r\u00e9sistance et l\u2019animosit\u00e9 de quiconque avait gard\u00e9 un certain sens de la libert\u00e9. (\u2026) Arm\u00e9es, polices, autorit\u00e9s religieuses et id\u00e9ologiques ne sont plus, dans l\u2019ouest europ\u00e9en, que l\u2019ombre de leur puissance s\u00e9culaire. Mais la puissance de l\u2019ombre a accompli ce que les pires r\u00e9gimes r\u00e9pressifs n\u2019avaient jamais obtenu&nbsp;: une pens\u00e9e d\u00e9sincarn\u00e9e, un esprit de mort vivant. En se d\u00e9lestant de leur contenu, les id\u00e9es dominantes ont conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la nullit\u00e9 substantielle \u2013 au rien \u2013 une ampleur totalitaire. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>EXTRAIT:<\/strong> \u00ab\u00a0Beaucoup se r\u00e9signaient au travail comme \u00e0 la mal\u00e9diction d\u2019un destin inexorable et du fond de l\u2019enfer nourrissaient l\u2019esp\u00e9rance d\u2019arracher pour le profit de tous un peu de ce profit exorbitant qu\u2019un petit nombre s\u2019arrogeait. Nietzsche ne s\u2019y est pas tromp\u00e9, qui voyait dans le socialisme une doctrine d\u2019esclave inspir\u00e9e par le christianisme. La social-d\u00e9mocratie a fait du week-end un paradis hebdomadaire et de l\u2019\u00e9mancipation, le r\u00eave d\u2019une longue semaine. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>EXTRAIT:<\/strong> \u00ab\u00a0Ne sous estimez pas l\u2019amplitude de la vague o\u00f9 une premi\u00e8re prise de conscience d\u00e9ferla sous l\u2019\u00e9cume d\u2019un formidable refus&nbsp;: refus du travail, du sacrifice, des id\u00e9ologies, de la culpabilit\u00e9, du pouvoir, de la contrainte, de la pr\u00e9dation appropriative, de la hi\u00e9rarchie, du ma\u00eetre et de l\u2019esclave, de l\u2019exploitation, de la \u00ab&nbsp;vie priv\u00e9e de tout&nbsp;\u00bb. (\u2026) Je gage que les enfants du futur, plus r\u00e9ceptifs aux attraits du vivant, acc\u00e9deront innocemment \u00e0 cette vie simple, passionn\u00e9e, luxueuse, que j\u2019ai d\u00e9sir\u00e9e au prix de tant de difficult\u00e9s, de doutes, de contrari\u00e9t\u00e9s. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>EXTRAIT:<\/strong> \u00ab\u00a0Ma m\u00e8re me d\u00e9p\u00eachait certains jours au Caf\u00e9 de la Gare, o\u00f9 les cheminots, apr\u00e8s y avoir offici\u00e9 au d\u00e9part de chaque train, c\u00e9l\u00e9braient d\u00e8s 17 heures la fin illusoire et path\u00e9tique d\u2019une ali\u00e9nation qui h\u00e9las, ne cesserait pas pour autant. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/situationnisme\/4065-entre-le-deuil-du-monde-et-la-joie-de-vivre.html\" target=\"_blank\">ENTRE LE DEUIL DU MONDE ET LA JOIE DE VIVRE<\/a><\/strong> &#8211; Raoul Vaneigem (Editions Verticales 2008)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Critique Sociale] extraits du Livre de Raoul Vaneigem (Verticales 2008) ENTRE LE DEUIL DU MONDE ET LA JOIE DE VIVRE EXTRAIT: \u00ab\u00a0Il subsistait \u00e0 l\u2019\u00e9poque une mani\u00e8re de circonvenir la corv\u00e9e quotidienne qui vous arrachait d\u00e8s l\u2019aube \u00e0 la nonchalance des d\u00e9sirs pour vous envoyer valdinguer dans le d\u00e9cor classique &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1740,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[35],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1738"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1738"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1738\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2263,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1738\/revisions\/2263"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1740"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1738"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1738"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1738"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}