﻿{"id":1917,"date":"2016-02-01T18:06:43","date_gmt":"2016-02-01T17:06:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/?p=1917"},"modified":"2017-06-28T13:36:08","modified_gmt":"2017-06-28T12:36:08","slug":"girl-in-a-band-kim-gordon","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/girl-in-a-band-kim-gordon\/","title":{"rendered":"GIRL IN A BAND"},"content":{"rendered":"<p>[PostPunk Bio] Extraits du Livre de Kim Gordon (LeMotetLeReste 2015)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/punk-rock\/4202-girl-in-a-band.htm\" target=\"_blank\"><strong>GIRL IN A BAND &#8211; KIM GORDON<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/punk-rock\/4202-girl-in-a-band.htm\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-1918 size-medium\" title=\"Voir sur le site de La Petroleuse\" src=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/\/girl_in_a_band-210x300.jpg\" alt=\"girl_in_a_band\" height=\"300\" width=\"210\" srcset=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/girl_in_a_band-210x300.jpg 210w, http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/girl_in_a_band.jpg 245w\" sizes=\"(max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/a>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0Ce soir l\u00e0, apr\u00e8s trente ans de carri\u00e8re, c&rsquo;\u00e9tait le dernier concert de Sonic Youth. (&#8230;) Les concerts qui s&rsquo;\u00e9tiraient sur trois jours, \u00e9taient diffus\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision sud-am\u00e9ricaine et disponibles en streaming sur Internet, avec des gros sponsors comme Coca Cola ou Heineken. Les t\u00eates d&rsquo;affiche \u00e9taient Faith No More, Kanye West, les Black Eyed Peas, Peter Gabriel, les Stone Temple Pilots, Snoop Dogg, Soundgarden, enfin, ce genre de groupes. On devait \u00eatre les moins connus du lot. Plut\u00f4t bizarre de finir la-dessus. (&#8230;) Or ce qui distinguait cette tourn\u00e9e de celles d&rsquo;avant, c&rsquo;\u00e9tait que Thurston Moore et moi ne nous parlions plus; on n&rsquo;avait quasiment pas \u00e9chang\u00e9 un mot de toute la semaine. Apr\u00e8s vingt-sept ans de vie conjugale, quelque chose s&rsquo;\u00e9tait bris\u00e9. En ao\u00fbt, je lui avait demand\u00e9 de quitter notre maison du Massachussetts, et il l&rsquo;avait fait (&#8230;) Ce couple vu comme mythique, intouchable, qui avait donn\u00e9 de l&rsquo;espoir aux jeunes musiciens aspirant \u00e0 sortir indemnes de ce monde cingl\u00e9 du rock&rsquo;n&rsquo;roll, n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9sormais plus que le clich\u00e9 d&rsquo;une relation rat\u00e9e&#8230;crise de la cinquantaine, ma\u00eetresse, double vie, la totale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0Un jour qu&rsquo;on \u00e9tait en tourn\u00e9e \u00e0 Lawrence, dans le Kansas, en premi\u00e8re partie de REM, Thurston et moi avons rendu visite \u00e0 Wiliam Burroughs; Michael Stipe nous a accompagn\u00e9s. Burroughs vivait dans une petite maison avec garage, et la table basse de son salon \u00e9tait quadrill\u00e9e de couteaux et de poignard fantaisie &#8211; \u00e9l\u00e9gantes armes de destruction incrust\u00e9es de joyaux. Ce jour-l\u00e0, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e de constater \u00e0 quel point Burroughs ressemblait \u00e0 mon p\u00e8re; ils \u00e9taient tous les deux sans-fa\u00e7on, avec un humour pince-sans-rire, et leur allure \u00e9tait m\u00eame un peu similaire. Coco, notre fille, \u00e9tait encore un nourrisson et, \u00e0 un moment donn\u00e9, elle s&rsquo;est mise \u00e0 pleurer. Burroughs a comment\u00e9, de sa voix, \u00e0 la Burroughs: \u00ab\u00a0Ooohh&#8230;elle m&rsquo;aime bien.\u00a0\u00bb Je pense qu&rsquo;il n&rsquo;a pas du c\u00f4toyer beaucoup d&rsquo;enfants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0A un moment donn\u00e9, alors qu&rsquo;il vivait \u00e0 Malibu, mon fr\u00e8re s&rsquo;est mis \u00e0 s&rsquo;habiller en blanc de la t\u00eate aux pieds; il s&rsquo;est fait pousser une longue barbe et se trimballait avec une Bible, non pour des raisons religieuses, r\u00e9pondait il si on lui posait la question, mais plut\u00f4t pour sa qualit\u00e9 litt\u00e9raire. Il a commenc\u00e9 \u00e0 inventer des mots, son propre alphabet, sa propre langue. Il tenait \u00e0 se faire appeler \u00ab\u00a0Oedipus\u00a0\u00bb, ce qui \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre une r\u00e9f\u00e9rence marrante \u00e0 Sophocle. M\u00eame l\u00e0, ce comportement ne semblait pas si extraordinaire; il n&rsquo;\u00e9tait pas le seul barbu excentrique \u00e0 parcourir les rues de L.A. Carles Manson commen\u00e7ait \u00e0 faire des apparitions autour des plages et des canyons de Malibu; il arrivait \u00e0 Keller de cr\u00e9cher dans une maison au pied de Topanga Canyon o\u00f9, un soir, il a fait la rencontre d&rsquo;un autre membre de la famille Manson, Bobby Beausoleil. Bobby lui disait sans cesse: \u00ab\u00a0Tu devrais passer nous voir au ranch un jour.\u00a0\u00bb Par chance, Keller ne l&rsquo;a jamais pris au mot. (&#8230;)Le jour o\u00f9 il a eu sa premi\u00e8re vraie crise psychotique. En plein d\u00e9lire shakespearien, il consid\u00e9rait toutes les femmes qui l&rsquo;entouraient comme de \u00ab\u00a0jeunes vierges\u00a0\u00bb et a saut\u00e9 sur une fille dans la caf\u00e9t\u00e9ria; les flics du campus ont fini par le tra\u00eener de force au service psychiatrique. Une fois rel\u00e2ch\u00e9, il est revenu \u00e0 la maison et s&rsquo;est install\u00e9 chez mes parents; au cours des ann\u00e9es suivantes, ils ont eu de plus en plus de mal \u00e0 le ma\u00eetriser. Il emm\u00e9nageait dans un centre de r\u00e9adaptation, promettait de recommencer \u00e0 prendre ses m\u00e9dicaments, ne tenait pas parole et finissait \u00e0 la rue, ou alors surgissait chez mes parents, agressif, mena\u00e7ant et parano\u00efaque.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0Dans les ann\u00e9es 80, New York \u00e9tait au bord du d\u00e9labrement; les \u00e9boueurs se mettaient en gr\u00e8ve tous les mois, du moins c&rsquo;est ce qu&rsquo;il semblait, l&rsquo;infrastructure \u00e9tait fragile et en passe de s&rsquo;effondrer. De nos jours, la ville, imposante, scintille de mille feux, d&rsquo;une mani\u00e8re que la plupart de mes connaissances d\u00e9testent et ne comprennent pas. Entre la 60e et la 80e rue Ouest, la route est enlac\u00e9e par d&rsquo;ignobles immeubles Trump, monuments dress\u00e9s en hommage \u00e0 la corruption urbaine, \u00e0 l&rsquo;argent facile et aux autochtones qui auraient d\u00fb descendre dans la rue mais qui se taisent. Un peu plus au sud de l&rsquo;\u00eele, joggeurs, poussettes et bicyclettes rouges et bleues circulent le long d&rsquo;une voie pi\u00e9tonne fleurie bordant des quais autrefois effrayants mais d\u00e9sormais tomb\u00e9s dans l&rsquo;oubli, o\u00f9 des homos se retrouvaient nagu\u00e8re \u00e0 la faveur de l&rsquo;obscurit\u00e9 pour des rancards ou des coups d&rsquo;un soir et o\u00f9 des putains en manteaux de fourure et cuissardes faisaient le tapin jusqu&rsquo;au lever du soleil. The Westway, une vieille boite de strip-tease sur Clarkson Street, est toujours l\u00e0, sauf qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui elle appartient au g\u00e9rant d&rsquo;un restau pour hipsters qui cherche \u00e0 attirer les adeptes d&rsquo;un mode de vie culturel second degr\u00e8s appartenant plus au monde de la mode qu&rsquo;\u00e0 celui de l&rsquo;art, des gens qui sont \u00ab\u00a0cool\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;ils habitent New York.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0Ce soir l\u00e0, Miranda et moi nous sommes rendues dans un club de la 15e avenue appel\u00e9 Plugg, g\u00e9r\u00e9 par un type pr\u00e9nomm\u00e9 Giorgio, qui avait de vagues connexions avec Led Zeppelin ou les Stones. Plugg, bien sur, n&rsquo;existe plus aujourd&rsquo;hui; mais c&rsquo;\u00e9tait effectivement l&rsquo;ultime concert des Coachmen, et le guitariste rythmique avait effectivement un petit truc en plus. Grand et maigre &#8211; il faisait plus de deux m\u00e8tres, ce qu&rsquo;il m&rsquo;a pr\u00e9cis\u00e9 plus tard -, les l\u00e8vres charnues comme des coussins, il \u00e9tait charismatique et avait l&rsquo;air sur de lui. (&#8230;) Apr\u00e8s le concert, Miranda s&rsquo;est occup\u00e9 des pr\u00e9sentations; j&rsquo;\u00e9tais surprise d&rsquo;\u00eatre aussi surexcit\u00e9e de rencontrer ce type. Par la suite, Thurston raconterait qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit par mes lunettes \u00e0 verres noirs rabattables.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0En 1985, \u00e0 la sortie de Bad Moon, les groupes de hardcore faisaient des compos sur Ronald Reagan; \u00e7a ne m&rsquo;int\u00e9ressait pas trop, je pr\u00e9f\u00e9rais chanter sur les t\u00e9n\u00e8bres qui scintillaient sous les abords rutilants de la culture pop am\u00e9ricaine. Je suppose qu&rsquo;on pourrait dire que Sonic Youth cherchait toujours \u00e0 d\u00e9jouer les attentes. On \u00e9tait sortis d&rsquo;un milieu artistique new-yorkais &#8211; m\u00eame si c&rsquo;\u00e9tait de mani\u00e8re un peu d\u00e9voy\u00e9e &#8211; pour se fondre dans la sc\u00e8ne rock. Le simple fait d&rsquo;\u00eatre un groupe new-yorkais qui ne jouait pas \u00e0 New York, \u00e7a suffisait \u00e0 destabiliser; le public s&rsquo;attendait \u00e0 se retrouver face \u00e0 une bande de toxicos sordides attif\u00e9s de noir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/V4uL9fAeoXc\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" frameborder=\"0\" height=\"315\" width=\"420\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[PostPunk Bio] Extraits du Livre de Kim Gordon (LeMotetLeReste 2015) GIRL IN A BAND &#8211; KIM GORDON Extrait: \u00ab\u00a0Ce soir l\u00e0, apr\u00e8s trente ans de carri\u00e8re, c&rsquo;\u00e9tait le dernier concert de Sonic Youth. 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