﻿{"id":2093,"date":"2016-11-12T17:05:12","date_gmt":"2016-11-12T16:05:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/?p=2093"},"modified":"2017-06-27T22:45:10","modified_gmt":"2017-06-27T21:45:10","slug":"livre-douces-fessees-plaisantes-caresses","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/livre-douces-fessees-plaisantes-caresses\/","title":{"rendered":"DOUCES FESS\u00c9ES, PLAISANTES CARESSES"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">[F\u00e9tichisme] Extraits du livre de S\u00e9bastien Hubier (Le Murmure 2012)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/fetichisme-sm\/3730-douces-fessees-plaisantes-caresses-9782915099652.html\" target=\"_blank\">DOUCES FESS\u00c9ES, PLAISANTES CARESSES<\/a><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-2094 size-medium\" title=\"Voir sur le site de La Petroleuse\" src=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/\/douces_fessees-202x300.jpg\" alt=\"douces_fessees\" height=\"300\" width=\"202\" srcset=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/douces_fessees-202x300.jpg 202w, http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/douces_fessees.jpg 236w\" sizes=\"(max-width: 202px) 100vw, 202px\" \/>Extrait (p.12):<\/strong> \u00ab\u00a0Nul \u00e9tonnement dans ces conditions, que, dans le pensionnat catholique o\u00f9 il trouvera refuge, les r\u00e9cits du martyre des saints ne vaillent pas tant pour lui par leur aust\u00e9rit\u00e9 \u00e9difiante que par l&rsquo;exquise volupt\u00e9 des supplices qu&rsquo;ils mettent en sc\u00e8ne. Tous ces textes indiquent \u00e9galement que fess\u00e9es et fustigations ont une valeur rituelle, ce qui n&rsquo;est gu\u00e8re pour d\u00e9concerter qui se souvient qu&rsquo;\u00e0 Rome, lors des Lupercales, chaque 15 f\u00e9vrier, de jeunes hommes couraient autour de la vieille ville palatine en fouettant femmes et sol en l&rsquo;honneur de Lupercus, le dieu pastoral &#8211; coutumes \u00e9galement centrales dans les cultes de Dionysos, de Cyb\u00e8le, de Moloch, d&rsquo;Astart\u00e9, de Baal et d&rsquo;Isis, et qu&rsquo;on retrouvera, sous une forme un peu diff\u00e9rente, au Moyen Age, chez les Flagellants dont le pouvoir fut tr\u00e8s grand d&rsquo;abord en Italie et en Allemagne, puis en France, en Boh\u00eame et en Pologne. On le devine, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ce rituel tient \u00e0 sa dualit\u00e9: bien que son but avou\u00e9 soit de maintenir hommes et femmes dans la voie de la temp\u00e9rance et du devoir, habilement mis en sc\u00e8ne, il \u00e9chauffe les sens (le premier trait\u00e9 physiologique consacr\u00e9 \u00e0 la flagellation &#8211; le De Flagrorum Vsu in Veneria et Lumborum Renumque Officio de Meibomus, \u00e9dit\u00e9 \u00e0 Leyde en 1629 &#8211; s&rsquo;int\u00e9ressait d\u00e9j\u00e0 aux vertus aphrodisiaques des ch\u00e2timents corporels).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extraits (p.17):<\/strong> \u00ab\u00a0Toutefois, malgr\u00e9 ces \u00e9lans d&rsquo;originalit\u00e9, l&rsquo;\u00e9criture ne reste pas moins attach\u00e9e \u00e0 une norme en mati\u00e8re de sexualit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;acceptation publique de son expression; et la fess\u00e9e, comme les autres plaisirs sadomasochistes, est souvent censur\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;instar de tous les fantasmes inacceptables, dangereux, pathologiques, per\u00e7us comme anormaux, du fait m\u00eame qu&rsquo;ils pointent, dans la sph\u00e8re sexuelle, les rapports qui agissent, de fa\u00e7on concomitante, dans la sph\u00e8re sociale. Cette r\u00e9probation s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs trouv\u00e9e accentu\u00e9e par l&rsquo;\u00e9mergence (puis le renforcement) du discours (puis de la pens\u00e9e) politiquement corrects. Ainsi la sociologue am\u00e9ricaine Nancy Friday s&rsquo;est sp\u00e9cialis\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9tude des variantes f\u00e9minines des fantasmes de viol, de soumission et de brutalit\u00e9, et en a conclu, sans surprise, que les femmes auraient int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 leurs obsessions les principes de la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale. Ce type de raisonnement a conduit les tenants des women&rsquo;s studies \u00e0 revoir la distinction entre \u00e9rotisme et pornographie et, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;Ellen Willis, \u00e0 montrer que si l&rsquo;\u00e9rotisme concerne une sensualit\u00e9 fond\u00e9e sur une affection mutuelle entre deux individus \u00e9gaux, la pornographie est le reflet d&rsquo;une sexualit\u00e9 d\u00e9shumanis\u00e9e \u00e9tablie sur la domination masculine et l&rsquo;exploitation des femmes (&#8230;) \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extraits (p.27):<\/strong> \u00ab\u00a0Pourtant, au-del\u00e0 des controverses entre adeptes des th\u00e9ories de la katharsis et tenants de celles de l&rsquo;imitation, il semble que ce soit du c\u00f4t\u00e9 du jeu qu&rsquo;il faille chercher l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la pornographie en g\u00e9n\u00e9ral et, plus sp\u00e9cifiquement, des repr\u00e9sentations de charmants supplices tels que la fess\u00e9e ou la flagellation &#8211; \u00e9tant entendu, comme l&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9 Jacques Henriot, que la \u00ab\u00a0distance est la forme initiale du jeu\u00a0\u00bb, que \u00ab\u00a0pour jouer, il faut savoir entrer dans le jeu\u00a0\u00bb et que pour ce faire, il convient d&rsquo;avoir une \u00ab\u00a0compr\u00e9hension pr\u00e9alable du sens du jeu\u00a0\u00bb: tout le monde ne sait pas jouer, pas plus que tout le monde ne sait lire. Mais l&rsquo;\u00e9rotisme, qui au contraire de la pornographie est souvent connot\u00e9 m\u00e9liorativement, peut lui aussi ob\u00e9ir \u00e0 des r\u00e9gles esth\u00e9tiques conventionnelles et l&rsquo;art n&rsquo;y trouve pas toujours son compte; de sorte que l&rsquo;opposition \u00e9tablie au sein des \u00e9tudes culturelles entre ces deux registres est souvent strat\u00e9giques &#8211; ou d\u00e9magogique -, fond\u00e9e sur un pr\u00e9tendu clivage du d\u00e9sir sexuel: une inclinaison louable et \u00e9mancipatrice d&rsquo;une part, une tendance indigne et oppressive de l&rsquo;autre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait (p.37):<\/strong> \u00ab\u00a0D&rsquo;autre part, le m\u00e9lange de ces deux registres fonde une dialectique particuli\u00e8rement int\u00e9ressante entre fragmentation (pornographique) et narration continue (\u00e9rotique), entre nouveaut\u00e9 et imm\u00e9diate reconnaissance intertextuelle. Car ce que repr\u00e9sentent avec maestria fess\u00e9es et flagellations, c&rsquo;est combien pornographie et \u00e9rotisme s&rsquo;inscrivent dans une cha\u00eene de r\u00e9f\u00e9rences; et l&rsquo;excitation sexuelle se double, chez qui lit bien et sait bien voir, du plaisir de savoir &#8211; le libertin, ce relais des regards et d\u00e9sirs du lecteur, \u00e9tant aussi toujours un \u00e9rudit et un esth\u00e8te.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait (p.42):<\/strong> \u00ab\u00a0Or, si, renon\u00e7ant au lansonisme qui \u00e9reinte nos universit\u00e9s, on acceptait enfin de joindre sociologie, anthropologie et formalisme, on comprendrait pourquoi la postmodernit\u00e9 \u00e9rotique et\/ou pornographique prise tant flagellations et fess\u00e9es. D&rsquo;une part, ces supplices ambigus qui m\u00ealent docilit\u00e9 et brusquerie favorisent le recours \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence, \u00e0 la citation. (&#8230;) D&rsquo;autre part, le r\u00e9cit de racl\u00e9es \u00e9rotiques correspond \u00e0 une vision du monde marqu\u00e9e par les rapports d&#8217;emprise et d&rsquo;inf\u00e9odation; en foi de quoi les repr\u00e9sentations sadiques et masochistes ne seraient jamais plus fr\u00e9quentes qu&rsquo;au moment o\u00f9 elles repr\u00e9sentent en miniature, dans les fictions, les relations sociales pr\u00e9gnantes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait (p.46):<\/strong> \u00ab\u00a0C&rsquo;est pourtant parce qu&rsquo;elle est essentiellement transgressive que la pornographie induit la dramatisation de tabous sans cesse renvers\u00e9s, dissimul\u00e9s, r\u00e9articul\u00e9s: inceste, masturbation, exhibition -voulue ou non-, domination, fess\u00e9es et flagellations &#8211; tant\u00f4t poignantes, tant\u00f4t burlesques. Ces activit\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent que ni la pornographie ni l&rsquo;\u00e9rotisme ne sont strictement r\u00e9ductibles \u00e0 des intrigues st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es, au spectacle d&rsquo;actions m\u00e9caniques, \u00e0 une machinerie morbide, \u00e0 des descriptions affect\u00e9es, \u00e0 une forme d\u00e9valu\u00e9e de la sexualit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;absence totale de sensualit\u00e9 &#8211; ce dont ils sont n\u00e9anmoins parfois la marque. La pornographie, dont les diverses formes de fustigation ne sont qu&rsquo;un concentr\u00e9 mis en abyme, peut \u00e9galement appara\u00eetre comme un jeu, comme une \u00e9rotisation du pouvoir plut\u00f4t que de la violence et comme une subversion des relations de domination.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[F\u00e9tichisme] Extraits du livre de S\u00e9bastien Hubier (Le Murmure 2012) DOUCES FESS\u00c9ES, PLAISANTES CARESSES Extrait (p.12): \u00ab\u00a0Nul \u00e9tonnement dans ces conditions, que, dans le pensionnat catholique o\u00f9 il trouvera refuge, les r\u00e9cits du martyre des saints ne vaillent pas tant pour lui par leur aust\u00e9rit\u00e9 \u00e9difiante que par l&rsquo;exquise volupt\u00e9 &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2095,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2093"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2093"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2093\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2215,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2093\/revisions\/2215"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2095"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2093"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2093"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2093"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}