JOURNAL D’UN INSURGÉ
« C’était donc là une lettre de Khatir reçue le jour même où il allait être enterré. Le cachet apposé indiquait que la lettre avait été enregistrée une semaine auparavant, quelques jours avant la capture de Khatir. J’essayai maladroitement de déchirer un coin de l’enveloppe mais n’y parvins pas à cause du scotch qui ne voulut pas céder. Je m’emparai du coupepapier et éventrai nerveusement l’enveloppe. Une autre enveloppe apparut, plus petite, placée à l’intérieur d’une feuille de papier à lettre ordinaire pliée en deux. Sans m’attarder à lire le contenu de la lettre qui commençait par une date et un « Cher Khaled » conventionnels, je me saisis de nouveau du coupe-papier et, fébrilement, déchirai la seconde enveloppe d’où s’échappa une liasse de feuillets retenus au coin par une agrafe. Sur la première page, je lus, en haut, sur une seule ligne, le nom de mon ami puis, au milieu, sur trois lignes et en gros caractères : Journal d’un Insurgé. » Trente ans après l’Indépendance, le peuple algérien suffoquait sous une chape de plomb couleur kaki. Dans Journal d’un insurgé, Khelifa Benamara évoque cette période tourmentée.
ACL 192 p. 14 x 21 cm
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