﻿{"id":2022,"date":"2016-03-27T18:01:21","date_gmt":"2016-03-27T17:01:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/?p=2022"},"modified":"2017-06-28T13:03:05","modified_gmt":"2017-06-28T12:03:05","slug":"livre-passages-a-lacte-tupamaros-berlin-ouest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/livre-passages-a-lacte-tupamaros-berlin-ouest\/","title":{"rendered":"PASSAGES A L&rsquo;ACTE"},"content":{"rendered":"<p>[Luttes 1970&rsquo;s] Extraits du Livre de Bommi Baumann (Nautilus 2008)<\/p>\n<p><strong><a title=\"Voir sur le site de La Petroleuse\" href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/revoltes-revolutions\/1796-passages-a-lacte-violence-politique-dans-le-berlin-des-annees-70.html\" target=\"_blank\">PASSAGES A L&rsquo;ACTE &#8211; VIOLENCE POLITIQUE DANS LE BERLIN DES ANNEES 70<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a title=\"Voir sur le site de La Petroleuse\" href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/revoltes-revolutions\/1796-passages-a-lacte-violence-politique-dans-le-berlin-des-annees-70.html\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" size-medium wp-image-2024 alignleft\" src=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/\/Passage_a_lacte-177x300.jpg\" alt=\"Passage_a_lacte\" height=\"300\" width=\"177\" srcset=\"https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Passage_a_lacte-177x300.jpg 177w, https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Passage_a_lacte.jpg 206w\" sizes=\"(max-width: 177px) 100vw, 177px\" \/><\/a>Extrait: \u00ab\u00a0<\/strong>Dans la Ged\u00e4chtniskirche, la naissance de la contestation \u00e9tait un truc exclusivement prol\u00e9tarien. Un ouvrier est naturellement plus sensible au rock qu&rsquo;un intellectuel. Pour toi, \u00e7a passe un peu plus par le corps; tout est fait pour dresser ton corps et non pas la t\u00eate; et la danse te convient parfaitement puisque tu es plus terre \u00e0 terre si on peut dire. Une musique comme \u00e7a, c&rsquo;est quelque chose de corporel, d\u00e9j\u00e0 rien que dans le feeling. Le message du rock, est d&rsquo;ailleurs, en gros, baiser, faire l&rsquo;amour, peu importe le terme que tu emploies. Make love not war, encore un de ces fameux slogans. C&rsquo;est bien sur plus facile \u00e0 piger ou \u00e0 vivre pour un ouvrier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0Oser se lancer de la Ged\u00e4chtniskirche vers le SDS (Union des \u00e9tudiants socialistes allemands), c&rsquo;\u00e9tait un sacr\u00e9 pari. Je me suis dit: mes capacit\u00e9s intellectuelles sont rest\u00e9es en friche, elles n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es. Et comme je voulais absolument rattraper \u00e7a, du coup en 1966 je suis all\u00e9 en formation permanente suivre les cours du soir. Parmi les \u00e9l\u00e8ves, il y avait des gens d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s politiquement et qui tripaient plut\u00f4t sur \u00e7a. Pour ma part, j&rsquo;\u00e9tais d&rsquo;avantage branch\u00e9 sur la musique et sur des trucs plut\u00f4t hippies, comme on dit maintenant, c&rsquo;est \u00e0 dire sur la culture underground. Etant donn\u00e9 que la vie quotidienne me posait des probl\u00e8mes, ce qui m&rsquo;attirait c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t le culturel que le politique. C&rsquo;est ainsi que je me suis retrouv\u00e9 au SDS fin 1966 d\u00e9but 1967, il va de soi que c&rsquo;est avec les gens de la C.1 (Commune 1) que \u00e7a a le mieux coll\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque aussi qu&rsquo;a eu lieu l&rsquo;incendie d&rsquo;un grand magasin \u00e0 Francfort. La C.1 s&rsquo;est d\u00e9solidaris\u00e9e de cette action dans une prise de position publi\u00e9e dans le Spiegel, un peu de la m\u00eame fa\u00e7on que tout le monde a rejet\u00e9 mon histoire de pneus crev\u00e9s pour laquelle j&rsquo;\u00e9tais embarqu\u00e9 au m\u00eame moment. Moi, j&rsquo;ai \u00e9videmment pris parti pour Baader, Ensslin, Proll et S\u00f6hnlein, les incendiaires du grand magasin. Cette action \u00e9tait, c&rsquo;est \u00e9vident, bien sup\u00e9rieure \u00e0 la mienne. Contrairement \u00e0 tous les autres, \u00e7a m&rsquo;a bott\u00e9. Eux l&rsquo;analysaient comme une d\u00e9faillance psychologique, comme un d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre mis en taule de la part des auteurs. Leur unique explication \u00e9tait d&rsquo;ordre psychologique: \u00e0 leur avis, un comportement aussi dilletante suivi imm\u00e9diatement par des arrestations, \u00e7a n&rsquo;avait plus rien de politique. Or, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce d\u00e9rapage psychologique plut\u00f4t que l&rsquo;action elle-m\u00eame qui a d\u00e9clench\u00e9 en moi un sentiment de solidarit\u00e9 et de sympathie. A l&rsquo;\u00e9poque je me foutais royalement de l&rsquo;incendie d&rsquo;un grand magasin. L&rsquo;important, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;existence de gens capables de sortir du cadre habituel, pr\u00eats \u00e0 faire des actions comme \u00e7a, m\u00eame s&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9taient mal d\u00e9brouill\u00e9s au point d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 chop\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0Pas de probl\u00e8me, il fallait r\u00e9agir, cogner, et sans piti\u00e9. C&rsquo;est pourquoi on s&rsquo;est dirig\u00e9 \u00e0 toute allure sur la maison de Springer pour y balancer des pierres. Certains pourtant ne participaient qu&rsquo;\u00e0 contrecoeur; seuls les premiers rangs fon\u00e7aient comme des fous. Les autres ne bougeaient pas ou nous retiraient les pierres des mains. Je jure que \u00e7a m&rsquo;est arriv\u00e9. Ensuite par hasard, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 l&rsquo;ami Peter Urbach. Il transportait ces merveilleux cocktails Molotov que d&rsquo;autres avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 faire p\u00e9ter. On est all\u00e9 chercher les cocks dans sa bagnole pour les balancer sur les voitures de livraison de Springer; \u00e7a valait le coup. En fait, c&rsquo;est \u00e0 ce moment l\u00e0 que j&rsquo;ai pig\u00e9 le rapport lutte de masse\/terrorisme; j&rsquo;ai enfin vu clair sur ce probl\u00e8me qui m&rsquo;asticotait depuis toujours: c&rsquo;est une b\u00e9n\u00e9diction pour un mouvement r\u00e9volutionnaire qu&rsquo;un groupe d\u00e9cid\u00e9 apporte aux masses son soutien gr\u00e2ce au terrorisme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0De l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1969 jusqu&rsquo;au d\u00e9but de 1970, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 vraiment un moment super; presque toute une ann\u00e9e, on s&rsquo;est balad\u00e9 dans Berlin avec en poche rien d&rsquo;autre que du shit, une pince monseigneur et un peu de fric, habill\u00e9s de v\u00eatements excentriques; on \u00e9tait toute une bande de loulous \u00e0 fl\u00e2ner par-ci par-l\u00e0, tout en \u00e9tant organis\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir passer \u00e0 l&rsquo;action \u00e0 tout moment. Bien entendu, les nouvelles activit\u00e9s ne manquaient pas, comme la cr\u00e9ation du journal underground 883 auquel on a particip\u00e9 d\u00e8s le premier num\u00e9ro en y publiant chaque semaine des articles. Puis on a donn\u00e9 enfin un nom \u00e0 toute cette bande h\u00e9t\u00e9roclite: le Quartier g\u00e9n\u00e9ral des Rebelles du hasch. Fumer de la came c&rsquo;\u00e9tait, \u00e0 notre avis, important; qu&rsquo;on ait \u00e9t\u00e9 des rebelles, \u00e7a ne faisait pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute; et l&rsquo;expression \u00ab\u00a0quartier g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb \u00e9tait tout simplement une allusion ironique \u00e0 tous ces groupes politiques qui se baptisaient g\u00e9n\u00e9ralement quartier g\u00e9n\u00e9ral. A l&rsquo;\u00e9poque, il devait bien y avoir un millier de quartiers g\u00e9n\u00e9raux, ce qui fait que le sens ironique de cette appellation sautait aux yeux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0A cette \u00e9poque, dix ou douze attentats ont eu lieu. Chaque fois accompagn\u00e9s d&rsquo;un tract, ils s&rsquo;attaquaient \u00e0 des juges, des procureurs, des directeurs de prison et \u00e0 toutes sortes de crapules. Ces tracts \u00e9taient adress\u00e9s \u00e0 la DPA et au 883; pour ce journal, le texte \u00e9tait plus d\u00e9taill\u00e9. Mais \u00e0 chaque attentat la signature changeait. Ainsi, en une seule nuit, vingt groupes diff\u00e9rents surgissaient, sugg\u00e9rant la naissance spontan\u00e9e d&rsquo;une immense arm\u00e9e populaire pr\u00eate \u00e0 passer \u00e0 l&rsquo;action. On voulait \u00e0 tout prix cr\u00e9er une confusion totale chez les flics et faire croire aux gens qu&rsquo;on \u00e9tait tr\u00e8s nombreux. En fait, on n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 plus de dix, en gros.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0D\u00e8s la dislocation du Blues, la RAF, qui s&rsquo;\u00e9tait quasiment constitu\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;existence de notre groupe, a accru son autorit\u00e9. Son d\u00e9veloppement s&rsquo;explique par la critique qu&rsquo;elle a d\u00e9velopp\u00e9e contre nous, \u00e0 savoir que le Blues n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un ramassis de farfelus, de dilletantes un peu cr\u00e9tins qui ne prenait pas au s\u00e9rieux le travail politique. Des fous infrapolitiques en quelque sorte. A partir de l\u00e0, l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat s&rsquo;est tourn\u00e9 de toute sa force contre la RAF, car elle avait choisi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment une rupture totale: d\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 la fraction, ses membres disparaissaient compl\u00e8tement, changeant d&rsquo;immeuble, se faisant couper les cheveux courts, garants leurs grosses bagnoles devant leurs appartements et se servant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment du flingue. La RAF a \u00e9t\u00e9 le premier groupe \u00e0 utiliser des armes. L&rsquo;utilisation des armes n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 notre fort; d&rsquo;ailleurs, on n&rsquo;en poss\u00e9dait pas. Notre tactique \u00e9tait diff\u00e9rente, nos seuls moyens de d\u00e9fense \u00e9taient de poser des bombes ou de jeter des cocktails Molotov pendant les combats de rue. Bien s\u00fbr, on aurait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 se servir de flingues, mais pour la RAF, c&rsquo;\u00e9tait un a priori. Baader \u00e9tait mon voisin de cellule \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de la prison de Moabit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0On a alors d\u00e9cid\u00e9 de ne pas agir comme la RAF: on resterait dans notre ville, Berlin, parce que c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;endroit qu&rsquo;on connaissait le mieux, on n&rsquo;avait pas l&rsquo;intention de se mettre \u00e0 sillonner l&rsquo;Allemagne comme des cons en BMW. On a choisi Kreuzberg comme quartier g\u00e9n\u00e9ral. La composition sociale de cette zone s&rsquo;\u00e9tait tellement transform\u00e9e qu&rsquo;il n&rsquo;y restait pratiquement plus que des Turcs, du lumpen et quelques familles ouvri\u00e8res vraiment tr\u00e8s pauvres avec des ribambelles d&rsquo;enfants et les drop-out (les marginaux). Kreuzberg est le seul quartier pauvre \u00e0 Berlin et le plus \u00e9pouvantable sur un certain plan. Notre ancien groupe, tout comme l&rsquo;ensemble du milieu des Rebelles du hasch, ne s&rsquo;int\u00e9ressait plus qu&rsquo;\u00e0 la came, \u00e0 Har\u00e9 Krishna et \u00e0 des conneries de ce genre; il n&rsquo;y avait vraiment plus rien \u00e0 faire avec eux. Leurs seules manifestations tourn\u00e9es vers l&rsquo;ext\u00e9rieur consistaient \u00e0 se pr\u00e9senter comme des ap\u00f4tres macrobiotiques et des moines Har\u00e9 Krishna. (&#8230;) On s&rsquo;est donc branch\u00e9 sur le milieu des apprentis et des jeunes ouvriers de Kreuzberg.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0Tout cela pour dire que c&rsquo;est compl\u00e8tement con de fabriquer des martyrs chr\u00e9tiens. On n&rsquo;a jamais cach\u00e9 qu&rsquo;on attaquait cette soci\u00e9t\u00e9 pourrie les armes \u00e0 la main et qu&rsquo;on \u00e9tait pr\u00eats \u00e0 tirer les premiers. C&rsquo;est pourquoi on porte des flingues et que, lorsque la situation l&rsquo;exige, on tire, \u00e7a va de soi. Ton fr\u00e8re est tomb\u00e9 au combat pour la cause qui fait descendre dans la rue des gens avec des drapeaux rouges: lui, il est tomb\u00e9 l&rsquo;arme \u00e0 la main, c&rsquo;est la seule diff\u00e9rence. Il faudrait que la gauche admette de voir en lui, non un martyr chr\u00e9tien mais un combattant, un anarchiste tomb\u00e9 au combat en \u00e9tant rest\u00e9 cons\u00e9quent jusqu&rsquo;au bout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0A mon avis, c&rsquo;est le refus du plaisir qui a fait \u00e9clater progressivement notre groupe, en faisant flipper de plus en plus de copains. On s&rsquo;est mis \u00e0 tenir compte des critiques de la RAF qui racontait constamment: vous vous trimballez dans quantit\u00e9 d&rsquo;appartements, vous baisez des nanas du matin au soir, vous fumez du hasch, etc., \u00e7a vous fait s\u00fbrement plaisir, mais on n&rsquo;est pas l\u00e0 pour rigoler car l&rsquo;action r\u00e9volutionnaire, c&rsquo;est un travail s\u00e9rieux et difficile. Pour moi, le refus du plaisir est une cons\u00e9quence de la rigidit\u00e9 des \u00e9tudiants. La joie, sans laquelle il n&rsquo;y a pas de r\u00e9volution, leur manque totalement. Pendant la Commune de Paris, ce n&rsquo;est pas avec un visage rageur et un num\u00e9ro sur le dos que les gens sont mont\u00e9s sur les barricades, mais en chantant. (&#8230;) De m\u00eame, c&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment nos fa\u00e7ons de faire un peu d\u00e9lirantes et les gags qui arrivaient de temps en temps qui, par leur cocasserie, rendaient tout \u00e7a vivable, tout en perp\u00e9tuant le mode de vie du Blues.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait:<\/strong> \u00ab\u00a0La d\u00e9cision de se lancer dans le terrorisme est pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e par le psychisme. Je peux m&rsquo;en rendre compte aujourd&rsquo;hui pour mon cas personnel: c&rsquo;est tout simplement une peur de l&rsquo;amour. On fuit devant l&rsquo;amour pour se r\u00e9fugier dans une sorte de violence absolue. Si j&rsquo;avais vraiment fait, autrefois, l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;amour dans toutes ses dimensions, je n&rsquo;aurais pas fait ce que j&rsquo;ai fait. Je m&rsquo;en serais rendu compte autrement. Le seul moment o\u00f9 j&rsquo;aurais pu m&rsquo;en apercevoir, c&rsquo;est quand j&rsquo;\u00e9tais avec Hella. Et c&rsquo;est juste \u00e0 ce moment l\u00e0 qu&rsquo;on m&rsquo;a foutu en taule, une raison de plus pour d\u00e9conner. La seule chose qu&rsquo;engendre la taule, c&rsquo;est de la haine; et comme, en plus, les flics ont ensuite d\u00e9moli Hella sur son lit d&rsquo;h\u00f4pital, cette haine s&rsquo;est d\u00e9cupl\u00e9e. (&#8230;) La peur de la libert\u00e9 est une composante de la psychologie des masses. Cette peur se fonde sur l&rsquo;absence de savoir car l&rsquo;\u00e9ducation qu&rsquo;on re\u00e7oit aujourd&rsquo;hui nous apprend \u00e0 avoir peur de ce qu&rsquo;on ne conna\u00eet pas. C&rsquo;est la m\u00eame chose pour la peur de l&rsquo;amour, peur dont j&rsquo;ai d\u00e9couvert l&rsquo;existence au terme de mon engagement.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Luttes 1970&rsquo;s] Extraits du Livre de Bommi Baumann (Nautilus 2008) PASSAGES A L&rsquo;ACTE &#8211; VIOLENCE POLITIQUE DANS LE BERLIN DES ANNEES 70 Extrait: \u00ab\u00a0Dans la Ged\u00e4chtniskirche, la naissance de la contestation \u00e9tait un truc exclusivement prol\u00e9tarien. Un ouvrier est naturellement plus sensible au rock qu&rsquo;un intellectuel. 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