﻿{"id":2110,"date":"2017-03-12T17:10:30","date_gmt":"2017-03-12T16:10:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/?p=2110"},"modified":"2017-06-27T22:36:58","modified_gmt":"2017-06-27T21:36:58","slug":"livre-lhistoire-de-crass-george-berger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/livre-lhistoire-de-crass-george-berger\/","title":{"rendered":"L&rsquo;HISTOIRE DE CRASS"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">[Punk 70-80&rsquo;s] Extraits du livre de George Berger (Rytrut 2016)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/punk-rock\/4391-l-histoire-de-crass.html\" target=\"_blank\">L&rsquo;HISTOIRE DE CRASS<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/punk-rock\/4391-l-histoire-de-crass.html\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-2113 size-medium\" title=\"Voir le livre sur le site de La Petroleuse\" src=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/\/lhistoire_de_crass-213x300.jpg\" alt=\"lhistoire_de_crass\" height=\"300\" width=\"213\" srcset=\"https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lhistoire_de_crass-213x300.jpg 213w, https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lhistoire_de_crass.jpg 248w\" sizes=\"(max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/><\/a>Extrait<\/strong> (p.36): Les premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 la Dial House se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent bien conventionnelles compar\u00e9es au mode de vie alternatif qui y sera ensuite exp\u00e9riment\u00e9. Penny y habita seul durant les trois premiers mois, bien que Gee lui rend\u00eet visite r\u00e9guli\u00e8rement. Deux coll\u00e8gues de son \u00e9cole vinrent ensuite le rejoindre: Mick Linnister et Pat Collins, respectivement professeur de poterie et intendant. Ils rest\u00e8rent jusqu&rsquo;en 1970 &#8211; l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 Penny perdit ses illusions concernant l&rsquo;enseignement et tout ce qui est trop conventionnel en g\u00e9n\u00e9ral. (&#8230;) Quand Penny leur demanda de d\u00e9m\u00e9nager, ils accept\u00e8rent sans rechigner. \u00ab\u00a0J&rsquo;adorais l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un endroit o\u00f9 les gens puissent venir partager leurs histoires, \u00eatre h\u00e9berg\u00e9s pour la nuit et repartir. J&rsquo;imaginais que si je cr\u00e9ais un tel endroit, les visiteurs pourraient s&rsquo;en inspirer pour faire quelque chose de similaire ailleurs; et que quarante ans apr\u00e8s, il existerait des centaines de lieux du genre \u00e0 travers l&rsquo;Angleterre. Ce qui permettrait de se balader de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, pourquoi pas \u00e0 pied, et constituerait une sorte de communaut\u00e9 fonctionnant au sein m\u00eame de la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.85): \u00ab\u00a0Apr\u00e8s quelques temps, Gee signala \u00e0 Bernhardt qu&rsquo;un groupe venait de s&rsquo;installer \u00e0 Epping et qu&rsquo;ils avaient besoin d&rsquo;un bassiste. Celui-ci d\u00e9gota une basse aupr\u00e8s de son ancien groupe, Firebird, et rejoignit Poison Girls. Une semaine apr\u00e8s, ils \u00e9taient en studio et enregistraient Piano Lessons, leur premier single. Alors que Ceres Confusion avait \u00ab\u00a0cess\u00e9 d&rsquo;ennuyer le monde\u00a0\u00bb, selon les propres mots de Penny, Bernhardt et lui se mirent \u00e0 parler de monter un nouveau groupe ensemble, quelque chose de plus th\u00e9\u00e2tral. Sue Lothian &#8211; une femme qui r\u00e9apparaitra quelques trente ann\u00e9es plus tard et qui ach\u00e8tera la Dial House pour ses habitants lorsque la maison sera mise aux ench\u00e8res &#8211; exprima son envie de participer au projet. L&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait de r\u00e9unir Penny Rimbaud et une chanteuse qui n&rsquo;\u00e9tait pas encore d\u00e9finie, et de faire quelque chose de plus \u00ab\u00a0flamboyant\u00a0\u00bb comme l&rsquo;explique ce dernier. \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode que le Bromley Contingent, en 1975-76, et l&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait d&rsquo;en \u00eatre le reflet.\u00a0\u00bb Divers noms furent propos\u00e9s, dont les Boh\u00e8mes et Malade Imaginaire, mais avant que cela ne devienne d\u00e9finitif, un jeune punk allait revenir \u00e0 la Dial House et changer tous les plans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.132): \u00ab\u00a0Steve se souvient de l&rsquo;ambiance qui r\u00e9gnait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque: \u00ab\u00a0Pete avait commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des chansons et moi \u00e0 \u00e9crire plus de textes, comme celui de So What. De toute \u00e9vidence, les choses devenaient plus s\u00e9rieuses. Cela n&rsquo;avait rien \u00e0 voir avec l&rsquo;ultimatum que Penny nous avait pos\u00e9, mais il \u00e9tait tout simplement temps pour nous de faire un choix: soit nous croyions en ce que nous faisions, soit nous perdions notre temps en futilit\u00e9s, auquel cas Penny quittait le navire et il nous fallait trouver un autre batteur. Nous avons commenc\u00e9 par nous dire qu&rsquo;il fallait arr\u00eater la fumette avant de monter sur sc\u00e8ne et qu&rsquo;il fallait s&rsquo;en tenir \u00e0 l&rsquo;alcool. Et puis, on a vite r\u00e9alis\u00e9 qu&rsquo;il valait mieux \u00e9galement laisser tomber la picole, car nous faisions tous vraiment n&rsquo;importe quoi. Enfin, tous sauf Pete.\u00a0\u00bb (&#8230;) Phil Free: \u00ab\u00a0Je ne me souviens pas qu&rsquo;on ait d\u00e9cid\u00e9 un beau jour de devenir un groupe s\u00e9rieux en s&rsquo;asseyant tous autour d&rsquo;une table. Mais on a commenc\u00e9 \u00e0 se dire que bon, on n&rsquo;allait pas passer notre temps \u00e0 nous bourrer la gueule.\u00a0\u00bb Il se rappelle que les prestations sc\u00e9niques du groupe se sont progressivement am\u00e9lior\u00e9es: \u00ab\u00a0En veillant tout d&rsquo;abord \u00e0 ce qu&rsquo;il ne manque plus de cordes \u00e0 la guitare, puis en \u00e9tant accord\u00e9s, et finalement en commen\u00e7ant \u00e0 jouer en m\u00eame temps &#8211; ce qui ne garantissait pas que nous finissions tous ensemble pour autant.\u00a0\u00bb Le nouveau Crass prit son essor en partie parce que les femmes s&rsquo;y investirent plus activement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.184): \u00ab\u00a0La pochette du disque arborait fi\u00e8rement une phrase indiquant son prix de vente (\u00ab\u00a0Ne payez pas plus que 45 pennies\u00a0\u00bb), preuve pour les plus sceptiques que la politique de prix que Crass avait inaugur\u00e9e avec The Feeding of the 5000 n&rsquo;\u00e9tait pas un coup de pub. Cette fois, c&rsquo;\u00e9tait vraiment du s\u00e9rieux. Et comme le groupe perdait de l&rsquo;argent sur chaque disque vendu, c&rsquo;\u00e9tait \u00e9galement une bien belle fa\u00e7on d&rsquo;y laisser ses \u00e9conomies. Plus le disque se vendait, plus les finances du groupe en prenaient un coup. Un tel valeureux fait d&rsquo;arme artistique n&rsquo;\u00e9tait partag\u00e9 que par eux et par New Order. Et l&rsquo;un comme l&rsquo;autre avaient les lus pures des intentions, comme l&rsquo;explique Penny Rimbaud concernant Crass: \u00ab\u00a0Je consid\u00e9rais que c&rsquo;\u00e9tait le prolongement de notre fortune. Nous avions la chance de vendre des disques, d&rsquo;avoir un faible loyer et de pouvoir vivre sans avoir \u00e0 trop d\u00e9penser. C&rsquo;\u00e9tait notre fa\u00e7on de partager cela avec les gens. Je nous voyais comme la proue d&rsquo;un navire pourfendant un oc\u00e9an de merde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.219): \u00ab\u00a0Que Crass aient \u00e9t\u00e9 ou non des \u00ab\u00a0hippies\u00a0\u00bb, Steve Ignorant affirme en tout cas qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient jamais consid\u00e9r\u00e9 la Dial House comme \u00e9tant une communaut\u00e9. \u00ab\u00a0Ca, c\u00a0\u00bb\u00e9tait la pire des insultes&#8230; Pete Stennett (Small Wonder) avait dit \u00e0 Graham Lock (NME) que nous vivions tous ensemble dans une communaut\u00e9. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas. On habitait juste ensemble dans une maison. Si tu parles de &lsquo;communaut\u00e9&rsquo;, j&rsquo;ai l&rsquo;impression de voir une femme enceinte se baladant seins nus et avec des putains de sandalettes aux pieds &#8211; puis des cl\u00e9bards en laisse, des tipis et tout le toutim.\u00a0\u00bb Ce sujet le fait sortir de ses gonds: \u00ab\u00a0Des plumards align\u00e9s dans un dortoir, avec des couvertures gris\u00e2tres et stri\u00e9es de rouge. Tout le monde qui se l\u00e8ve pour pr\u00e9parer le soja pour la ration quotidienne de tofu&#8230;Alors non, nous ne vivions pas dans une foutue communaut\u00e9 ! Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une maison dans laquelle nous vivions et prenions nos repas ensemble.\u00a0\u00bb L&rsquo;argent \u00e9tait cependant mis en commun, ce qui est indubitablement l&rsquo;un des points techniques pouvant d\u00e9finir la vie en communaut\u00e9. Steve Ignorant: \u00ab\u00a0Le seul qui avait un compte en banque \u00e9tait Penny Ribaud. Tout l&rsquo;argent de Crass \u00e9tait donc tout naturellement vers\u00e9 dessus, avant de nous \u00eatre redistribu\u00e9. Au d\u00e9but, on ne savait pas trop quoi faire de ce fric. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas bien vu d&rsquo;avoir de l&rsquo;argent \u00e0 cette \u00e9poque. Alors on se demandait bien comment on allait faire pour s&rsquo;en d\u00e9barrasser ?! Chacun d&rsquo;entre nous avait une indemnit\u00e9 de 500 livres par an. Je me souviens d&rsquo;avoir eu le sentiment d&rsquo;\u00eatre riche avec \u00e7a! Ca faisait 10 livres sterling par semaine!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.259): \u00ab\u00a0Durant tout le temps o\u00f9 le lieu exista, il y r\u00e9gna une tension compliqu\u00e9e entre les vieux anarchistes et les anarcho-punks. La faction punk organisait des concerts tous les dimanches, avec six groupes pour une livre sterling, tandis que le Puppy Collective faisait tourner un bar dont les b\u00e9n\u00e9fices \u00e9taient r\u00e9investis pour acheter de la nourriture destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre redistribu\u00e9e gratuitement. Steve Ignorant: \u00ab\u00a0Je d\u00e9testais cet endroit. J&rsquo;y ai peut \u00eatre \u00e9t\u00e9 deux fois, et ce que je n&rsquo;aimais pas \u00e9tait le c\u00f4t\u00e9 \u00e9litiste &#8211; tous ces gens assis en rond qui parlaient de Bakounine. Pas question pour eux d&rsquo;aller au bar, de se taper une bi\u00e8re, de causer de la pluie et du beau temps et d&rsquo;aller ensuite se mater un film anarchiste ou autre chose. Non, c&rsquo;\u00e9taient des discussions sans arr\u00eat. Je n&rsquo;aimais pas leur fa\u00e7on de parler, je n&rsquo;aimais pas leur fa\u00e7on de me regarder. J&rsquo;avais le sentiment que ce projet ne fonctionnait pas et je regrette qu&rsquo;on y ait \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s, car les gens nous associaient \u00e0 ce lieu. C&rsquo;est \u00e0 cette p\u00e9riode que ce truc anti-Crass a commenc\u00e9, que d&rsquo;autres groupes ont commenc\u00e9 \u00e0 avoir des griefs contre nous. Notre temps \u00e9tait r\u00e9volu.\u00a0\u00bb (&#8230;) Le rassemblement de tous les punks &#8211; avec toutes leurs diff\u00e9rences &#8211; sous la banni\u00e8re h\u00e9t\u00e9roclite de l&rsquo;anarchisme n&rsquo;\u00e9tait pas quelque chose qui pouvait fonctionner. Des factions et des petits groupes se constitu\u00e8rent rapidement et le lieu aurait pu concourir pour le prix de l&rsquo;hostilit\u00e9. Il y planait une atmosph\u00e8re de politiquement correct, comme si les gens cherchaient une forme de stabilit\u00e9 au travers d&rsquo;un sentiment de sup\u00e9riorit\u00e9 morale. Steve Ignorant: \u00ab\u00a0Les groupes qui nous ont emboit\u00e9s le pas \u00e9taient encore plus &lsquo;Crass&rsquo; que nous ne l&rsquo;\u00e9tions nous m\u00eames. Ils \u00e9taient plus mal fringu\u00e9s et ringards que nous, plus has been et plus d\u00e9prim\u00e9s que nous. Ils sont m\u00eame devenus plus politiquement corrects que nous. Je n&rsquo;aimais pas la plupart de ces groupes car ils n&rsquo;\u00e9taient que des parodies de ce que nous \u00e9tions. Certains d&rsquo;entre eux avait un discours anarchiste trop radical pour moi. J&rsquo;avais envie de leur dire: &lsquo;Mais bordel, vous \u00eates trop chiants! Je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;aller boire un coup avec des gens qui m&rsquo;appellent &lsquo;camarade&rsquo;!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.298): \u00ab\u00a0La guerre des Malouines a non seulement chang\u00e9 la vie des membres du groupe, de leurs amis et de leurs familles, mais aussi modifi\u00e9 la fa\u00e7on dont Crass abordait son art. Penny Rimbaud s&rsquo;en explique: \u00ab\u00a0A partir de ce moment l\u00e0, nous avons d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e de la r\u00e9ponse strat\u00e9gique. Si un \u00e9v\u00e8nement se produisait, nous sortions quelque chose le plus rapidement possible. On ne r\u00e9fl\u00e9chissait plus en termes de conception ou de qualit\u00e9 artistique. C&rsquo;est la raison pour laquelle les chansons sont plus am\u00e8res et plus tranchantes, et plus&#8230;. int\u00e9ressantes d&rsquo;un point de vue historique. Nous devenions d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s et nous ne savions pas comment le g\u00e9rer. C&rsquo;\u00e9tait comme si jusque l\u00e0, nous &#8211; le mouvement punk &#8211; nous sentions en mesure de remporter le combat. Nous pensions tous que quelque chose allait \u00e9merger de tout \u00e7a. Cette guerre a foutu en l&rsquo;air cet espoir puis la gr\u00e8ve des mineurs qui a commenc\u00e9 juste apr\u00e8s n&rsquo;a fait que confirmer cela.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.320): \u00ab\u00a0A ce moment-l\u00e0, un autre sous-genre du punk &#8211; qui bien que continuant \u00e0 brandir l&rsquo;\u00e9tendard anarchiste, entendait \u00e9galement remettre en question le caract\u00e8re par trop s\u00e9rieux de Crass &#8211; commen\u00e7ait \u00e0 devenir int\u00e9ressant. Des groupes comme Southern Death Cult, Blood and Roses, Look Mummy Clowns, Brigandage, Hagar The Womb, Rubella Ballet, Flowers in the Dustbin et The Mob d\u00e9livraient un punk inspir\u00e9 par ce qui se faisait alors en mati\u00e8re d&rsquo;anarcho-punk, mais y ajoutaient de la couleur, de la joie et de la fiert\u00e9. Bien qu&rsquo;ils n&rsquo;y pr\u00eataient probablement pas attention (et qu&rsquo;ils n&rsquo;en aient peut-\u00eatre m\u00eame pas conscience), en comparaison, Crass commen\u00e7ait \u00e0 para\u00eetre terne aux yeux d&rsquo;une grande partie de son public. Une partie de ce mouvement allait se faire appeler \u00ab\u00a0punk positif\u00a0\u00bb &#8211; sous-entendant manifestement que le punk \u00e9tait devenu trop n\u00e9gatif. Et m\u00eame s&rsquo;ils allaient commettre les m\u00eames erreurs que leurs a\u00een\u00e9s, ils allaient subtilement faire passer les couleurs de la r\u00e9sistance du noir et blanc au Technicolor. Il \u00e9tait clair qu&rsquo;ils n&rsquo;allaient pas \u00e9couter les Cramps \u00e0 la Dial House. Ce qui les int\u00e9ressait par contre, c&rsquo;\u00e9tait les d\u00e9bats enflamm\u00e9s o\u00f9 l&rsquo;on pesait le pour et le contre de l&rsquo;usage de la violence, aussi bien dans les concerts que dans la perspective enivrante d&rsquo;une insurrection arm\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait<\/strong> (p.370): \u00ab\u00a0Steve Ignorant continua \u00e0 \u00e9crire des chansons, dont Happy Hour, qu&rsquo;il jouera avec Conflict et plus tard avec les Stratford Mercenaries. Il se sentait libre de profiter un peu plus de la vie. \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait g\u00e9nial, on ne me posait plus de questions. On me fichait la paix. Je pouvais mater le cul de la barmaid sans \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un gros sexiste. Je pouvais ajouter du lait \u00e0 mon th\u00e9 sans me faire insulter parce que je n&rsquo;\u00e9tais pas vegan. Les choses \u00e9taient all\u00e9es trop loin. Ne plus faire partie de tout \u00e7a \u00e9tait un v\u00e9ritable soulagement. Tout \u00e9tait devenu trop prise de t\u00eate. (&#8230;) Le jour de l&rsquo;an de l&rsquo;ann\u00e9e 1989, une terrible dispute \u00e9clata entre les membres de Crass qui vivaient encore \u00e0 la Dial House. Cela d\u00e9buta par une conversation anodine sur le tabagisme et se termina par le d\u00e9ballage de tous les diff\u00e9rends qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0mis de c\u00f4t\u00e9\u00a0\u00bb le jour o\u00f9 Crass avait d\u00e9cid\u00e9 de devenir un groupe s\u00e9rieux. La frustration et les probl\u00e8mes de communication qui avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9s pendant plus de dix ann\u00e9es explos\u00e8rent en une dispute dont les effets se font encore sentir aujourd&rsquo;hui, plus de quinze ans apr\u00e8s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Punk 70-80&rsquo;s] Extraits du livre de George Berger (Rytrut 2016) L&rsquo;HISTOIRE DE CRASS Extrait (p.36): Les premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 la Dial House se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent bien conventionnelles compar\u00e9es au mode de vie alternatif qui y sera ensuite exp\u00e9riment\u00e9. 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