﻿{"id":2302,"date":"2017-09-13T12:29:45","date_gmt":"2017-09-13T11:29:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/?p=2302"},"modified":"2017-09-13T12:29:45","modified_gmt":"2017-09-13T11:29:45","slug":"la-bande-a-bonnot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/la-bande-a-bonnot\/","title":{"rendered":"LA BANDE A BONNOT"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">[Anarchie] Extraits du roman de Benoit Ladarre (Monde Libertaire 2008)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/romans\/1070-la-bande-a-bonnot.html\" target=\"_blank\"><strong>MEMOIRES IMAGINAIRES DE GARNIER DE LA BANDE A BONNOT<\/strong><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/romans\/1070-la-bande-a-bonnot.html\" target=\"_blank\">http:\/\/www.la-petroleuse.com\/romans\/1070-la-bande-a-bonnot.html<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-2303 alignleft\" src=\"http:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/\/la_bande_a_bonnot-197x300.jpg\" alt=\"la_bande_a_bonnot\" width=\"197\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/la_bande_a_bonnot-197x300.jpg 197w, https:\/\/www.la-petroleuse.com\/blog\/wp-content\/uploads\/la_bande_a_bonnot.jpg 230w\" sizes=\"(max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/>Extrait (p.8):<\/strong> \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait un soir de d\u00e9cembre \u00e0 Montmartre, il faisait un frichbi \u00e0 se geler les roustons. On avait tenu comit\u00e9 chez Dieudonn\u00e9, un de nos amis communs. Oui, c&rsquo;est l\u00e0 bas que tout \u00e0 commenc\u00e9. Il m&rsquo;avait bouch\u00e9 l&rsquo;oeil en moins de deux, le bougre. S\u00fbr que c&rsquo;\u00e9tait pas en raison de sa stature de petit mec r\u00e2bl\u00e9, mais ses lucarnes enfonc\u00e9es profond\u00e9ment dans les orbites qui te calibraient, \u00e7a foutait la p\u00e9toche comme s&rsquo;il te pointait le canon d&rsquo;un r\u00e9volver sur le citron. Sans compter que sa r\u00e9putation l&rsquo;avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait avant les \u00e9v\u00e8nemets. Jules Bonnot venait de d\u00e9barquer \u00e0 Pantruche et il avait tout de suite trouv\u00e9 sa place dans le cercle des copains, les gars de Romainville, le patelin o\u00f9 si\u00e8ge L&rsquo;Anarchie, le canard qui nous servait aussi de point de ralliement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait (p.24):<\/strong> \u00ab\u00a0Filer, fuir, cavaler, on n&rsquo;a plus que \u00e7a en t\u00eate. Une semaine qu&rsquo;on a commis l&rsquo;attaque de la rue Ordener et d\u00e9j\u00e0 la fuite \u00e9perdue, et la fatigue qui se lit sur nos bobines et nos yeux plomb\u00e9s de cernes. Je suis compl\u00e8tement vann\u00e9! Il y a un mois, personne ne connaissait notre existence. J&rsquo;en viens presque \u00e0 regretter. Mais \u00e0 zyeuter Bonnot qui affiche son sourire, je me requinque. J&rsquo;admire ce grand mec qui nous a insuffl\u00e9 la dose de courage n\u00e9cessaire pour franchir l&rsquo;ultime \u00e9tape et passer de l&rsquo;ill\u00e9galisme \u00e0 la petite semaine aux choses s\u00e9rieuses. \u00ab\u00a0Les bandits tragiques\u00a0\u00bb ! C&rsquo;est comme \u00e7a que les canards nous d\u00e9signent d\u00e9sormais ! Ils b\u00e2tissent notre l\u00e9gende, et de mon c\u00f4t\u00e9, je rectifie les mensonges. Oui. Je continue \u00e0 griffonner nos m\u00e9moires en pr\u00e9vision de ma mort prochaine. Mais la Veuve patientera encore quelques jours !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait (p.30):<\/strong> \u00ab\u00a0Ils ont coffr\u00e9 Kibaltchiche et sa femme apr\u00e8s une perquise. Il y a de plus en plus de bourriques \u00e0 L&rsquo;Anarchie et qui tra\u00eenassent autour de nous. J&rsquo;avais laiss\u00e9 au Russe un paquet en garde, et les flics ont d\u00e9couvert deux revolvers en le d\u00e9ballant. Le genre de cadeau empoisonn\u00e9, mais je ne pouvais pas pr\u00e9voir. Ils prennent le Russe pour le cerveau de la bande. Alors qu&rsquo;\u00e0 part jaspiner sur le nudisme, les techniques \u00e9rotiques et sa di\u00e9t\u00e9tique \u00e0 base de banane, l&rsquo;aliment unique qui peut, d&rsquo;apr\u00e8s lui, r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de la classe ouvri\u00e8re, \u00e7a va pas chercher loin. Kibaltchiche fait dans les bons sentiments, quand c&rsquo;est la force et la raison qui m\u00e8nent le monde. Mais bon, il reste que le Russe y est pour que dalle dans nos activit\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait (p.33):<\/strong> \u00ab\u00a0Il semblerait qu&rsquo;on n&rsquo;a pas trouv\u00e9 Dieudonn\u00e9, parce qu&rsquo;il se m\u00e9fiait d&rsquo;une entourloupe des roussins. Et il avait vu juste. Mais ils ont r\u00e9ussi \u00e0 l&rsquo;arr\u00eater un peu plus tard, au moment m\u00eame o\u00f9 je d\u00e9gelais mon dernier flic. Ils l&rsquo;attendaient en bas de chez lui. Et il avait gard\u00e9 un flingue dans sa poche, ce qui n&rsquo;arrange rien. Ils se rapprochent, ils marquent des points, les flicards. L&#8217;employ\u00e9 de la rue Ordener l&rsquo;a reconnu. Quel imb\u00e9cile ! Alors que Dieudonn\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait m\u00eame pas avec nous le jour du braquage ! Il est tellement choqu\u00e9 et p\u00e9tri de haine qu&rsquo;il serait pr\u00eat \u00e0 lyncher n&rsquo;importe quel mecton ! Pourtant, Dieudonn\u00e9 se trouvait \u00e0 Nancy le 21 d\u00e9cembre, \u00e0 trois cent cinquante kilom\u00e8tres de l&rsquo;action. Comme il y \u00e9tait l&rsquo;apr\u00e8s midi et qu&rsquo;il y a un train qui fait le trajet en quatre heures, son alibi n&rsquo;a pas tenu. J&rsquo;ai du \u00e9crire au chef de la S\u00fbret\u00e9: \u00ab\u00a0Vous \u00eates des incapables ! Dieudonn\u00e9 est innocent du crime, c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ais commis ! Et vous le savez bien ! J&rsquo;ai song\u00e9 un moment \u00e0 venir me constituer prisonnier. Mais j&rsquo;ai r\u00e9fl\u00e9chi. Je pr\u00e9f\u00e8re garder ma libert\u00e9 jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 vous viendrez la prendre. Je finirais par tomber entre vos mains, mais soyez certains que je d\u00e9fendrai ma peau jusqu&rsquo;au bout !\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Extrait (p.45):<\/strong> \u00ab\u00a0Avec Valet, cach\u00e9s sous nos viscopes, on \u00e9volue parmi la foule qui s&rsquo;est r\u00e9unie autour du garage tout en restant hors de port\u00e9e de tirs. De Thiais \u00e0 Alfortville, et de toute la banlieue, des masses de spectateurs f\u00e9briles ont d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Choisy pour assister \u00e0 la fin d&rsquo;un homme. Trente mille personnes, travers\u00e9es par la m\u00eame effervescence, s&rsquo;\u00e9gayant au spectacle de cette mise \u00e0 mort extravagante. Comme s&rsquo;ils \u00e9taient au th\u00e9\u00e2tre, les salauds. Jules Bonnot, le chef de la bande avec laquelle on a terroris\u00e9 la France enti\u00e8re durant plusieurs mois, vit ses derni\u00e8res heures de criminel. Et la populace laissera bient\u00f4t \u00e9clater sa joie \u00e0 la vue de sa d\u00e9pouille sanguinolente. La foule vile, la foule immonde. Elle ne nous pardonne pas de nous \u00eatre r\u00e9volt\u00e9s contre sa m\u00e9diocrit\u00e9. D&rsquo;avoir pris les armes pour nous enrichir sur le dos du bourgeois. D&rsquo;avoir vol\u00e9, trich\u00e9, tu\u00e9 pour des bleuets au lieu de suer sang et eau comme un brave travailleur pour gagner quelques miettes de larton. Pourquoi ne nous sommes nous pas content\u00e9s de leur sort mis\u00e9rable ? Elle ne pige pas la foule. Par l&rsquo;ex\u00e9cution de Bonnot, elle se venge du m\u00e9pris qu&rsquo;on lui voue profond\u00e9ment. Elle ne nous pardonne pas, ce m\u00e9pris qu&rsquo;elle nourrit pour elle-m\u00eame en secret. Elle pense que notre mort la rach\u00e8tera ou lui dissimulera \u00e0 nouveau son abjecte condition. Par ce rassemblement joyeux, la foule affirme sa solidarit\u00e9 de troupeau. Trente mille pleutres f\u00eatent leur appartenance \u00e0 un monde d&rsquo;esclaves satisfaits.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Anarchie] Extraits du roman de Benoit Ladarre (Monde Libertaire 2008) MEMOIRES IMAGINAIRES DE GARNIER DE LA BANDE A BONNOT http:\/\/www.la-petroleuse.com\/romans\/1070-la-bande-a-bonnot.html Extrait (p.8): \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait un soir de d\u00e9cembre \u00e0 Montmartre, il faisait un frichbi \u00e0 se geler les roustons. On avait tenu comit\u00e9 chez Dieudonn\u00e9, un de nos amis communs. 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